
Fernando Alonso
Raviver la flamme d'une idylle passée n'est pas chose aisée. C'est pourtant ce qu'a tenté de faire Fernando Alonso après seulement un an d'une passion dévastatrice avec McLaren Mercedes. Le pilote espagnol est donc de retour cette saison dans ses pénates, au sein de l'écurie qui l'a vu grandir et s'affirmer comme l'un des tous meilleurs concurrents du plateau. Après une écurie 2007 bien décevante, l'écurie au losange attendait de son fils prodigue qu'il la remette sur les rails du succès. Après tout, ne s'était-il pas targué d'avoir apporté 6 dixièmes à McLaren l'hiver dernier?
Un an après le passage aux gommes nippones Renault pensait avoir digéré ce changement majeur dans la conception de ses monoplaces. Cependant après deux épreuves cette année, force est de constater que la R28 n'a rien du pur-sang espéré. Alonso doit livrer de féroces batailles pour ne serait-ce qu'entrer en Q3. La 4ème place obtenue en Australie ne doit pas servir de paravent à des performances indignes d'une telle écurie. Et ce ne sont sans doute pas les menus ajustements prévus pour Barcelone qui transformeront le tocard en crack du jour au lendemain. Le double champion du monde semble (déjà) résigné et avoue ses inquiétudes, lucide quant à la réalité des choses. Si les performances ne venaient pas à s'améliorer de manière significative, l'Espagnol pourrait monter sur ses grands chevaux et abandonner sa monture pour un autre cheval, cabré celui-là. Une clause dans son contrat le lui permettrait.
De telles rumeurs ont été alimentées cette semaine par le début de saison médiocre du jockey brésilien de la Scuderia Ferrari. En effet Felipe Massa a connu deux abandons en autant de courses et surtout semble avoir des difficultés à s'adapter à la vie sans anti-patinage. Parti à la faute dès le second virage en Australie, il a récidivé le week-end dernier à Sepang alors qu'il voguait vers la deuxième place. Si l'erreur est blâmable c'est surtout l'attitude du pilote qui intrigue. Là où son équipier avait reconnu ses torts à Melbourne, le Brésilien s'enferre dans des explications fumeuses qui dissimulent bien mal le malaise qui l'habite.
Il est évident que le final d'Interlagos a du être un sacré coup de massue pour Felipe. Abandonner une nouvelle victoire devant son public pour que soit sacré Räikkönen a laissé des traces que l'intersaison n'a pas permis d'effacer. Répéter à l'envie que l'on dispose d'un solide contrat jusqu'en 2010 n'est pas vraiment preuve d'assurance et témoigne de la fébrilité grandissante d'un pilote qui se sent sur la sellette.
Le départ de Jean Todt n'arrange rien à l'affaire et il se murmure que Felipe pourrait être remplacé la saison prochaine. Les noms de Rosberg, Vettel et donc Alonso ont déjà circulé. L'Espagnol courtise même ouvertement la Scuderia en affirmant que ses pilotes disposent toujours d'une monoplace compétitive. Car s'il est une chose qu'Alonso préfère à l'ambiance familiale et sereine de Renault c'est disposer d'un bolide à la hauteur de son talent, chose que Ferrari est en mesure de lui offrir. La seule inconnue qui pourrait se poser si d'aventure Alonso venait à Maranello concernerait son comportement face à Kimi Räikkönen, champion du monde avec Ferrari et que les joutes verbales intéressent autant que le tricot acrobatique? Chat échaudé craint l'eau froide et après l'épisode Hamilton, Fernando sera-t-il de nouveau prêt à affronter un équipier aussi rapide dans une écurie qu'il découvre? En attendant les rumeurs vont bon train alors que 2008 débute à peine.